Qu'est-ce à dire?
  Parlons français...
   par Daniel Burnand (Suisse romande)

LES RISQUES DE L’À-PEU-PRÈS

AUCUNE RAISON DE RENTRER !
DU FIL À RETORDRE !
MEPRISES
EPINEUX !
UN DRÔLE DE P’TIT MOT
LE ROQUE FRANÇAIS
PAS PLEIN !
TOUS RESPONSABLES
QU’ON LE VEUILLE OU NON
 LA SAINT-GLINGLIN
DU COQ Â L’ÂNE
NOMINONS !
SI VOUS PASSEZ OUTRE……

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LES RISQUES DE L’À-PEU-PRÈS

Il est fréquent qu’un mot – il s’agit le plus souvent d’un verbesoit utilisé dans un sens qui n’est pas le sien, et neuf  fois sur dix l’erreur procède simplement d’une ressemblance plus ou moins marquée entre deux vocables. Voyons en deux exemples s’ajoutant à ceux dont j’ai déjà eu l’occasion de parler.

L’autre jour, sur les ondes romandes, un chroniqueur évoquait ce qu’il appelait «les sanglants massacres perpétués par le dernier des tsars ». L’erreur est évidente : on a confondu deux verbes qui ont en commun huit lettres sur neuf, perpétuer et perpétrer. « Perpétrer » est synonyme de «commettre », avec un complément à contenu nettement péjoratif  (crime, forfait, attentat, massacre, etc.), alors que «perpétuer », à rapprocher de «perpétuel » ou «perpétuité », signifie «faire durer le plus longtemps possible » : on perpétue une tradition, une légende, le souvenir d’une personnalité ou d’un événement : on peut aussi chercher à perpétuer une espèce.

L’autre erreur est plus surprenante. Quelqu’un, dans le courrier des lecteurs d’un grand quotidien, jugeait excessive la confiance aveugle souvent accordée à l’ordinateur et souhaitait qu’on sache «disséquer les données de l’informatique et l’intelligence humaine ». Le verbe approprié me semble en l’occurrence «dissocier », c’est-à-dire «séparer nettement ». Le verbe «disséquer », lui, s’applique soit à un cadavre avec le sens de «découper », soit à un texte avec le sens «d’analyser minutieusement ».

© Daniel Burnand 2001

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AUCUNE RAISON DE RENTRER !

Parmi les nombreux préfixes que comporte notre langue, un des plus courants est sans conteste le préfixe re- : accolé à quelque verbe que ce soit, il en modifie le sens, exprimant généralement la répétition (refaire, redire, repeindre, recompter, relire, etc.) ou le retour au point de départ (revenir, reconduire, recoucher, redescendre, redonner, etc.). Faire la distinction entre faire et refaire, commencer et recommencer ou voir et revoir ne me paraît pas constituer une difficulté majeure dans l’apprentissage ou la compréhension de notre langue. Et même dans les cas relativement nombreux où le préfixe re- se limite à un simple r- devant une voyelle, le sens de verbes comme récrire, rouvrir ou rallumer se distingue aisément de celui des verbes écrire, ouvrir et allumer. Et pourtant...

Je suis sûr que bien des lecteurs s’interrogent comme moi sur la très critiquable habitude d’utiliser à tout bout de champ le verbe rentrer en lieu et place d’entrer. Après avoir envahi la France, cette fâcheuse manie s’est répandue chez nous. Et bien que cet étrange phénomène soit bien connu, puisqu’il se manifeste quotidiennement, je souhaite en citer quelques éloquents exemples recueillis en deux ou trois jours dans la presse : «Il s’agit là d’un autre débat dans lequel je n’ai pas envie de rentrer. » «Après le refus de l’Angleterre de rentrer dans l’euro (…). » «On a le droit de vivre comme tout le monde, même si on ne rentre pas dans le moule parfait de cette société. » «Après levée des oppositions, le projet pourra rentrer dans sa phase concrète de réalisation. » Est-ce suffisamment convaincant ?

© Daniel Burnand 2001

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DU FIL À RETORDRE !

De la Tour de Peilz me parvient la lettre d’une lectrice qui souhaiterait que soit traité «le sujet du doublement de certaines consonnes entre deux voyelles, tel celui du n après la lettre o, comme dans «couronne » par exemple ».

« Bonne question ! », suis-je tenté de répondre, comme le font volontiers ceux auxquels une question à la fois pertinente et embarrassante est posée. On touche là en effet à un des chapitres les plus délicats de l’orthographe française et, sur ce point précis, aucune grammaire ne sera en mesure de nous préserver de tout faux pas. Pourquoi ?

Il existe dans notre langue près de… 290 familles de mots dérivés d’un substantif en –on, comme par exemple béton > bétonnage, passion > passionnel, bouton > boutonneux, maison > maisonnette, bourdon > bourdonner ou bonbon > bonbonnière. Or la règle orthographique qui les concerne ne s’applique malheureusement pas à tous. Tout ce qu’on peut dire, c’est que pour la plupart de ces dérivés (environ 250), le n est doublé, comme dans les six exemples cités plus haut.

Pour une trentaine d’autres, un seul n s’impose : timon > timonier, région > régional, violon > violoniste, nation > national ou poumon > s’époumoner. Pour une dizaine enfin, on trouve tantôt deux n, tantôt un : don > donneur mais donateur, patron > patronner mais patronat, son > sonnerie mais sonore, tradition > traditionnel mais traditionaliste ! Et comme il ne m’appartient pas de simplifier quoi que ce soit…

© Daniel Burnand 2001

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MEPRISES

Passons en revue quelques bévues relevées ici ou là dans la presse, et commençons par le programme d’une fête villageoise comportant le cortège traditionnel qui, nous dit-on, «sera suivi dès 18.30 h, d’une aubade de la fanfare ». Non, il ne peut s’agir d’une aubade, puisque ce nom dérive du mot «aube » et ne devrait donc désigner qu’un concert donné de bon matin. A l’aubade s’oppose la sérénade, concert du soir, qu’on imagine volontiers donné sous un balcon !

Dans un article consacré à la famille, on faisait remarquer que «petits-enfants, grands-parents et arrières-grands-parents entretiennent souvent d’étroites relations ». Or, le mot arrière qui, comme nom, prend la marque du pluriel (assurer ses arrières) demeure en revanche invariable aussi bien comme adjectif (les roues arrière, les sièges arrière) que comme élément adverbial d’un mot composé. On écrit donc des arrière-grands-parents, de même que des arrière-boutiques ou des arrière-pensées, par exemple.

A propos d’une troupe d’amateurs se produisant à Vevey, on pouvait lire en sous-titre : « La joyeuse troupe investit à nouveau le théâtre ». Sûrement pas ! Rappelons en effet qu’investir un lieu ne signifie nullement y entrer ou l’occuper, investir une maison, un quartier, un village, une position militaire, etc., c’est les entourer de troupes, les cerner ou les assiéger.

© Daniel Burnand 2001

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EPINEUX !

Il est grand temps de répondre à la question que se pose une lectrice qui n‘est sans doute pas la seule à se la poser. Elle se demande en effet s’il n’existerait pas une règle permettant de savoir à coup sûr si, à l'intérieur d'un mot, telle ou telle consonne doit être doublée ou non. Et notre correspondante cite à ce sujet des substantifs comme «bananier » (par opposition à «citronnier », par exemple) ou comme «bal(l)ade ».

Il y a quelques semaines, j’avais déjà évoqué ce type de problème orthographique et relevé à ce propos les anomalies et absurdités que révèle le rapprochement de mots comme combatif et combattant, donner et donateur, honneur et honorable ou imbécile et imbécillité ! Je n’avais pu que constater à regret qu’aucune règle satisfaisante n’était à même de nous aider dans ces choix parfois difficiles : même l’étymologie n’est le plus souvent d’aucun secours. Toutefois, et pour en revenir à notre «bananier », il est possible de faire une remarque qui pourra, je l’espère, être utile à ceux qui ont le souci d’une orthographe correcte : après une voyelle, la terminaison –nier, très fréquente, ne prend qu’un n après a, e, i et u (seule exception : « vannier »), et deux n après o, à l’exception d’un ou deux mots, comme «timonier » ou «nautonier ». Quant au mot «bal(l)ade », il ne prend qu’un seul l quand il est synonyme de promenade, mais en exige deux quand il ressortit à la musique ou à la poésie.

© Daniel Burnand

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UN DRÔLE DE P’TIT MOT

A propos des J.O. de Sydney, un journaliste faisait remarquer que cette gigantesque manifestation sportive n'avait en fait révélé aucun véritable héros, car, écrivait-il, "les stars annoncées ont peu ou prou failli ". Arrêtons-nous à cette curieuse locution qui réunit un adverbe archi-connu et un autre aussi insolite que rarissime.

" Peu ou prou " signifie, comme on sait, "peu ou beaucoup " et équivaut souvent à "plus ou moins " (il se sent peu ou prou responsable de cet échec). L'emploi de cette expression est attestée déjà vers 1600, ce qui explique la façon inattendue dont Vaugelas, savant grammairien du XVIIe siècle et membre de l'Académie présente le mot "prou " dans ses "Remarques sur la langue française " : " Prou ", écrit-il, est un vieux mot français dont plusieurs usent encore, mais que ne vaut rien pour écrire " (!) Il aurait été assurément fort surpris d'apprendre que, quelque 350 ans plus tard, ce "vieux mot " serait toujours en usage !

Mais d'où sort-il, cet étrange "prou " qu'on ne peut raccrocher à rien ? Issu du latin populaire "prode ", il revêt en ancien français diverses formes : prod, preu ou prou. Comme nom, il signifiait "le profit ", puis "l'abondance ", avant de servir d'adverbe avec le sens de "beaucoup ". Il aurait sans doute disparu depuis longtemps de notre vocabulaire, si l'expression à laquelle nous consacrons ce billet ne lui avait assuré une survie assez inexplicable !

© Daniel Burnand

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LE ROQUE FRANÇAIS

Tout joueur d’échecs sait qu’au cours d’une partie il a la possibilité de roquer, c’est-à-dire de placer une des deux tours à côté du roi, qui passera alors de l’autre côté de la tour. Et nul n’ignore, je pense, que cette manœuvre a pris le nom de rocade et que l’on fait volontiers usage de ce même mot dans un sens plus large et parfaitement compréhensible, qu’illustrera l’exemple suivant. On évoquait récemment dans un éditorial l’éventualité d’une répartition différente des sièges au Conseil d’Etat, en admettant qu’»une rocade en cours de législature serait une manœuvre délicate ». Or, chose curieuse, bien que parfaitement clair, l’emploi de ce mot imagé dans ce contexte n’est en fait……pas français ! Eh oui ! il n’est en usage qu’en Suisse romande ! Certes, vous trouverez le mot «rocade » dans les dictionnaires mais avec un sens totalement différent.

En France, en effet, le mot appartenait d’abord au vocabulaire militaire et désignait une voie parallèle à la ligne de combat. On voyait, semble-t-il, une certaine similitude entre le va-et-vient des troupes sur cette voie et le croisement sur l’échiquier du roi et de la tour. Par extension, la rocade est aujourd’hui en France une route destinée à contourner une agglomération importante, pour en alléger le trafic. Quant à l’action de «roquer » aux échecs, c’est «le roque » ou parfois «le roquage ».

© Daniel Burnand

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PAS PLEIN !

Madame Ruth Dreifuss faisait l’autre jour l’éloge des activités permettant de rester «de plein pied » dans la société », par opposition, je suppose, aux activités qui isolent celui ou celle que les exercent. Mais c’est uniquement la façon d’orthographier ce «plein pied » qui retiendra notre attention.

Que pourrait bien être la plénitude d’un pied ? Et de quoi serait-il plein ? – Non, il y a là bien sûr confusion avec le vieil adjectif plain, avec un a, qui n’a pas la moindre parenté avec son homonyme «plein ». « Plain », du latin «planus » (plat, uni, sans inégalités) appartient à la famille de plan, plaine ou planer. C’est sans doute du fait de sa fâcheuse homonymie avec l’autre adjectif «plein » qu’il a quasiment disparu de notre vocabulaire. A part un maigre emploi dans le mot composé «plain-chant », qui désigne le chant à l’unisson, sans accompagnement, de la liturgie catholique, l’adjectif «plain » ne survit que dans la locution «de plain-pied » (avec trait d’union), qui signifie «au même niveau ». Au sens propre, on dira par exemple d’une pièce située au rez-de-chaussée qu’elle donne de plain-pied sur le jardin. Au sens figuré, «de plain-pied » équivaut tantôt à «sans difficulté » (il est entré de plain-pied dans le monde de l’informatique) tantôt «sur un pied d’égalité » (on le sent de plain-pied avec les personnages les plus haut placés).

© Daniel  Burnand

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TOUS RESPONSABLES

«A l’école, les élèves doivent apprendre à se responsabiliser ». Cette phrase, relevée dans ces colonnes, m’est soumise par un lecteur qui se demande ce qu’il faut penser de ce verbe «responsabiliser » dont l’usage de plus en plus fréquent lui paraît contestable.

Je comprends parfaitement ce sentiment, mais, tout bien considéré, je ne le partage pas. Ce verbe appartient à l’impressionnante cohorte des mots créés (avec plus ou moins de bonheur) au cours de ces dernières décennies. Mais, contrairement à tant de vocables abusivement empruntés à l’anglo-américain, «responsabiliser », apparu dans les années 60, est au moins un produit authentiquement français. Il a été formé à partir de l’adjectif «responsable » de la même manière que les adjectifs «stable », «coupable » ou «imperméable » par exemple nous ont fourni «stabiliser », «culpabiliser » et «imperméabiliser ». D’autre part, il permet d’exprimer d’un seul mot l’action de «rendre quelqu’un conscient de sa (ou ses) responsabilité(s). La concision y a incontestablement gagné !

Il est intéressant de relever à ce propos l’évolution relativement récente de l’adjectif «responsable ». Il y a une vingtaine d’années, il signifiait simplement «qui porte la responsabilité (de)». Mais aujourd’hui, sous l’influence plus que probable de l’anglais, «responsable » devient de plus en plus souvent synonyme de «raisonnable », «réfléchi » ou «sérieux ». Que de fois entend-on évoquer une attitude «responsable », un comportement ou une décision «responsable », et que de fois entend-on affirmer qu’il ne serait pas «responsable » (ou donc «irresponsable ») d’agir de telle ou telle façon !

© Daniel Burnand

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QU’ON LE VEUILLE OU NON

J’écrivais la semaine dernière que la deuxième personne du singulier de tous les verbes se terminait «normalement » par un –s. Et quelqu’un me demande si cet adverbe implique l’existence d’exceptions. Eh bien oui ! Il se trouve en effet que sur les quelque 5700 verbes que compte notre langue, il y en a ……3 qui font exception à la règle : les verbes vouloir, pouvoir et valoir font au présent «Tu veux », «tu peux » et «tu vaux ».

Puisque nous avons mentionné le verbe vouloir, profitons-en pour en relever une particularité qui doit assurément constituer un cas unique dans la conjugaison des verbes français : « vouloir » se paie le luxe de deux impératifs ! On a d’une part les formes «veuille ! » (« veuillons ! ») , «veuillez ! », qui, remarquons-le en passant, ont perdu aujourd’hui l’idée de volonté normalement exprimée par le verbe et sont devenues de simples formules de politesse :

« Veuillez prendre place ! » et surtout «veuillez agréer, monsieur, ……etc. » Et l’on a d’autre part les forme «veux ! », (« voulons »), «voulez » qui ont, elles aussi perdu leur sens premier puisqu’on ne les trouve plus guère que dans la locution verbale «en vouloir à qqn » : « ne m’en veux pas ! », « ne lui en voulez pas ! ». A ces formes courantes, certains spécialistes préfèrent «ne m’en veuille pas ! », « ne lui en veuillez pas ! », formes plus élégantes et considérées comme plus correctes.

© Daniel Burnand

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 LA SAINT-GLINGLIN

A la suite du vote relatif aux fameuses «bilatérales », plus d’un commentaire relevait que si certains avaient donné leur aval aux accords en question, c’était pour mieux renvoyer aux calendes grecques la question d’une adhésion de la Suisse à l’Union européenne. Que sont au juste ces calendes et pourquoi parle-t-on de calendes grecques plutôt que turques ou portugaises ?

La première chose à préciser, c’est que les calendes ne sont justement pas grecques, mais romaines ! C’est en effet dans la Rome antique que le mot latin «calendae » désignait le premier jour du mois. Et c’est précisément parce que les calendes n’existaient pas chez les Grecs que l’expression «renvoyer aux calendes grecques » signifie «renvoyer à une époque qui ne viendra jamais ». C’est donc à tort qu’on assimile parfois ces «calendes grecques » à une époque simplement lointaine ou indéterminée.

Il est intéressant de noter que c’est du mot «calendes » que vient le mot «calendrier ». Il est issu du latin «calendarium », qui désignait le registre où étaient consignées les dettes, car c’était le premier jour du mois (donc aux calendes) que devaient se payer les intérêts. Ce n’est guère avant le Xe siècle que le mot «calendrier » a pris le sens que nous lui connaissons aujourd’hui.

© Daniel Burnand

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DU COQ Â L’ÂNE

Un amusant roman fraîchement traduit de l’américain me fournit opportunément deux phrases comportant chacune une grossière faute d’orthographe. Des erreurs de ce type ne sauraient donc être imputées à l’auteur : seul le traducteur est en cause !

Voici la première phrase : « Ses longs cheveux d’un noir de geai tombaient en vagues harmonieuses sur ses épaules ». Cette émouvante description dénote chez le traducteur d’assez larges lacunes en ornithologie, car le geai, bien connu dans nos régions, est un oiseau au plumage brun-roux et aux ailes tachetées de blanc, de noir et de bleu clair. La chevelure de la belle héroïne est en réalité d’un noir de jais, mot qui désigne une variété de lignite, matière dure d’un noir brillant.

Notre deuxième phrase se veut rassurante : « Ne t’inquiètes pas, murmura-t-il, tu verras : tout ira bien ». La faute classique : si dans la conjugaison d’un verbe, la deuxième personne du singulier se termine normalement par un –s, cette règle ne s’applique pas à l’impératif. Par conséquent, pour les centaines de verbes dont l’impératif singulier est en –e, il n’y a pas de «s » final : chante ! nage ! ne me quitte pas ! etc. Et le fait qu’ils aient la forme pronominale n’y change rien : ne t’en mêle pas ! soigne-toi bien ! ne t’inquiète pas ! etc. Le «s » ne s’impose – pour une simple raison d’euphonie – que devant les pronoms «en » et «y » : penses-y ! profites-en !

© Daniel Burnand

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NOMINONS !

Si un étranger vous demandait de quels verbes sont dérivés des substantifs comme fascination, élimination, imagination ou domination, vous n’auriez évidemment aucune peine à répondre qu’il s’agit des verbes fasciner, éliminer, imaginer et dominer. On trouverait du reste plusieurs autres exemples similaires. Mais, chose curieuse, si l’on vous posait la même question à propos du mot «nomination», la réponse normale ou en tout cas logique, à savoir «nominer», serait à proscrire au profit de «nommer ». Pourquoi ? Tout simplement parce que dans le verbe latin «nominare », le «i » n’étant pas accentué, le verbe s’est peu à peu prononcé «nom’nare » devenu en français nom’ner, nommer.

Ce préambule correspond à une intention précise, car j’aimerais plaider la cause d’un verbe périodiquement critiqué par les puristes : le verbe nominer. On sait que son participe «nominé » s’applique, dans le monde du cinéma, aux artistes sélectionnés comme candidats à un prix (oscars ou césars). Et l’on reproche à ce verbe d’être un emprunt de plus à l’anglo-américain (to nominate). Je veux bien l’admettre, mais sa formation à partir du latin en fait un verbe français de bon aloi, parfaitement à sa place dans ce contexte. De plus, rien dans sa graphie ou sa prononciation ne constitue une atteinte au génie de notre langue.

© Daniel Burnand

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SI VOUS PASSEZ OUTRE……

A propos d’un film français tout récent, on pouvait lire l’autre jour que les dialogues étaient suffisamment enlevés «pour qu’on passe outre les moments creux de cette comédie ». Et le lendemain, un autre quotidien nous apprenait que la Municipalité d’un village vaudois s’était fait vertement tancer «pour avoir passé outre les prescriptions cantonales ». Par deux fois a été commise la même erreur, liée à l’emploi du mot outre.

Issue du latin «ultra », qui signifie «au-delà (de) », la préposition «outre » peut avoir ce même sens en particulier dans des expressions figées comme «outre-mer », «outre-tombe », «outre mesure (sans trait d’union !), ou alors «outre-Manche », «outre-Atlantique », «outre-Jura », etc. Mais le sens le plus courant est «en plus de » : 
Outre ces trois garçons, ils ont encore une petite fille. Jusque là, l’emploi de cette préposition ne pose aucun problème particulier, mais c’est lorsqu’elle suit le verbe «passer » que les choses se gâtent ! En effet, si l’on sait que «passer outre » c’est «ne tenir aucun compte (de) », on ignore parfois que cette locution exige la préposition à :
 
On passe outre à une interdiction, à un ordre, à des conseils de prudence, à des menaces, etc. Dans les deux exemples dont nous sommes partis, il fallait donc écrire d’une part que l’on passait outre aux moments creux de la comédie, et d’autre part que l’on avait passé outre aux prescriptions cantonales.

© Daniel Burnand

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